Un jour, on pourra faire revenir les morts à la vie ! – Soirmag

Pour Geoffrey Van Hecke, grâce aux percées scientifiques et à la cryogénie, la résurrection est une certitude.

– 196° raconte l’histoire d’un agent fédéral travaillant pour le FBI, Julian McDonnell, qui enquête sur des fonds occultes l’emmenant à la découverte de nouvelles avancées scientifiques révolutionnaires. Homme d’affaires, Thomas Eton retrouve quant à lui sa grand-mère décédée des années auparavant, après avoir rêvé d’elle. Face à ce miracle, il commence à repenser sa manière d’appréhender la vie et la mort. Car grâce à la cryogénisation, il est désormais possible de faire revenir des morts à la vie. Des États-Unis en passant par les Pays-Bas et Israël, les services secrets se lancent sur les traces de cette prouesse scientifique.

Comment avez-vous découvert la cryogénisation et envisagé d’en parler dans ce livre ?

Quand j’étais à l’école secondaire, j’ai commencé à lire des articles sur ce sujet qui m’intéressait déjà et j’ai petit à petit poussé la réflexion plus loin. J’ai également perdu ma grand-mère en 2013 et suite à ce décès, je me suis imaginé ce qui pourrait se passer si on envisageait la possibilité de réversibilité de la mort. Cela m’a inspiré. J’ai donc voulu mettre en parallèle deux histoires dans un livre : une relation humaine forte entre une grand-mère et son petit-fils et une enquête sur des fonds occultes et les limites de la mort. La dimension temporelle est un sujet qui me fascine car les possibilités sont innombrables.

Vous vous êtes basé sur d’importantes recherches pour documenter votre histoire ?

Oui, il m’a fallu trois ans pour écrire ce livre et mes recherches. À part la dernière étape de décryogénisation qui n’est pas encore au point, toutes les étapes que j’évoque pour tendre vers l’immoralité existent déjà : cryogénie, nanotechnologies, physique quantique… Via mes recherches, j’ai tenté d’expliquer clairement dans ce livre fictif un sujet très complexe.

Pensez-vous que l’on arrivera un jour à faire revenir les morts à la vie ?

Tout à fait, oui, la question est juste de savoir quand ! Il existe déjà de nombreuses pistes qui permettraient de faire revenir à la vie une personne cryogénisée : la génétique, les cellules-souches, le séquençage, l’utilisation de sang jeune ou encore le scan cérébral. L’enjeu actuel est de trouver la formule pour « réveiller » les personnes cryogénisées sans dommages, car à ce niveau-là, les techniques ne sont pas encore au point. Avant, les entreprises de cryogénisation étaient vues comme des charlatans mais les avancées scientifiques ont donné de la crédibilité au domaine. C’est une sorte de momification moderne en quelque sorte, même si les enjeux éthiques et psychologiques sont difficiles à accepter pour certaines personnes.

Si vous le pouviez, aimeriez-vous vous faire cryogéniser ?

Oui, car j’ai peur de la mort. Évidemment, cela coûte très cher pour le moment (environ 200.000 $, sans aucune promesse de résultat). Mais si j’en ai l’occasion, je le ferais avec plaisir. Je trouve que la vie est trop courte et pouvoir éventuellement découvrir le futur ainsi que des mondes lointains pour le moment inaccessibles, cela fait rêver !

Vous qui êtes titulaire d’un master en gestion d’entreprise et qui êtes engagé en politique, que vus apporte l’écriture ?

J’écris pour des raisons très personnelles, par passion, car cela me permet de m’évader et de me déconnecter. Je peux ainsi partager des recherches sur des sujets passionnants. Si je peux amener les gens à réfléchir sur le monde, ses dimensions temporelles et prendre du recul, je trouve cela génial. Mais je sépare complètement l’écriture de la politique. Pour moi, le domaine culturel et la science doivent clairement être sans couleur politique. L’écriture me permet aussi de faire de belles rencontres.

Propos recueillis par Éloïse Dewallef (Soirmag, 16/03/2019)

-196°, par Geoffrey Van Hecke, éd. Avant-propos, 180 p., 14 €. Ce livre est disponible en librairie et sur notre e-shop.

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