Mes amis, mes envies, mes folies – Le Carnet et les Instants

Le roman de Linda Vanden Bemden est au cœur d’une nouvelle publication dans Le Carnet et les Instants.

D’auditions en reconstitutions, la vie professionnelle d’Anne-Omalie Valdieu est rythmée par les affaires qu’elle suit en tant qu’interprète judiciaire, profession qui lui vaut rencontres atypiques et anecdotes cocasses ou tragiques. Côté vie privée, on n’emploiera pas le terme « routine » non plus. Point de vue couple, c’est compliqué. Rien de sérieux depuis Mille Pétards, l’amoureux sous influence qui préservait trop bien le mystère sur sa personnalité clean. La seule relation stable d’Anne-O, c’est celle qu’elle entretient avec Béa, sa meilleure amie. « L’amitié à long terme a quelque chose d’extrêmement séduisant en ce sens qu’elle est dénuée d’obligations, hormis celles que vous vous imposez tacitement. » Même son voisinage est changeant, la sympathique vieille Fannie du rez-de-chaussée se voyant bientôt remplacée par la hautaine Fleurine Renoir-comme-le-peintre.

Pour ajouter du piment dans son temps libre et par convictions personnelles, Anne-O est membre d’un groupe de « lutte contre la suffisance ostentatoire », rassemblement d’originaux planifiant des attentats d’un genre particulier. Faisant fi des risques pour sa carrière, la trentenaire est en charge des munitions. Et que la troupe apprenne lors d’une réunion que Paris est endeuillé par des attaques terroristes ne modifiera pas le planning.

La reine, la loi, la liberté n’est ni un hymne royaliste, ni un manifeste féministe. Juste une plongée de quelques mois dans la vie d’une trentenaire bruxelloise. Une Bridget Jones belge ? Le raccourci semble terriblement simpliste mais peut-être trouvera-t-on, outre l’âge, des similitudes dans la détermination et la spontanéité des deux héroïnes. La Belge semble néanmoins beaucoup plus assurée que sa lointaine cousine anglaise.

L’histoire imaginée par Linda Vanden Bemden est contemporaine, le style du texte très actuel, rythmé par des phrases courtes. Parfois très courtes. On passe d’une idée ou d’un environnement à l’autre sans chichis. Il arrive même qu’un passage semble un peu tombé de nulle part. Toutefois, on assemble sans peine les pièces du puzzle de la vie et de la personnalité de la sympathique héroïne un rien déjantée. C’est un roman à la fois frais et intelligent, divertissant et intéressant. On le traverse avec curiosité et plaisir, sans temps mort ni baisse de régime, jusqu’à la dernière page.

Estelle Piraux

Retrouvez cet article sur le site du Carnet et les Instants.

La Reine, la Loi, la Liberté est disponible en librairie ainsi que sur notre site Internet.

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