Les Chasseurs Ardennais sur le fleuve Congo. Une opération militaire gardée secrète.

Les Belges présents au Congo en 1960 avaient prévu ce qui allait se passer au lendemain de l’indépendance de l’ancienne colonie. Forcés de rester à leurs postes par le gouvernement belge qui ne voit pas venir le danger, ils vont être les premières victimes du double échec politique et militaire de Bruxelles. Jetés dans la tourmente d’un pays tiraillé et mal préparé à son émancipation, 88000 de nos compatriotes ont été obligés d’abandonner leur vie sur place. Bien entendu le gouvernement Eyskens cherchera à masquer les véritables raisons de son échec par une campagne de désinformation cachant ses erreurs. Dépassée par la rapidité de la crise, la rue de la loi prend des décisions qui enveniment la crise jusqu’à une issue tragique tant pour les Belges que pour les Congolais.

L’ordre est donné aux Chasseurs Ardennais de débarquer en force à Matadi le 11 juillet 1960. Leur mission est alors de reprendre le contrôle du principal port congolais au lendemain des premiers troubles qui secouent l’ancienne colonie. Devant une forte résistance de la force publique, la première compagnie de marche s’est frayé un chemin à travers la cité indigène jusqu’aux portes de la caserne de la force publique. L’opération menée de main de maître était sur le point de réussir quand devant l’échec du 12e de ligne contre le port pétrolier d’Ango-Ango, le commandant de la task force donne l’ordre de rembarquer aux Chasseurs Ardennais pourtant victorieux. Après une nuit difficile à redescendre le fleuve, ils portent main forte au 6e bataillon commando à Boma avant de regagner Banane. De là, ils s’envolent pour Léopoldville où ils participent à la sécurisation la ville. Les Chasseurs Ardennais ont une fois de plus rempli avec brio les missions qui leur avaient été confiées et sauvé la vie d’un grand nombre de leurs compatriotes.Les véritables motivations de l’opération sur Matadi sont jusqu’à ce jour restées cachées, une enquête approfondie dans les différentes archives du royaume permet d’éclairer ce pan de notre histoire militaire gardée jalousement secrète jusqu’aujourd’hui, car elle a été à l’origine de la rupture des relations diplomatiques entre la Belgique et le Congo.

Le Congo s'embraseCette histoire et ses coulisses sont dévoilées dans un livre qui vient de paraître aux éditions Weyrich. Cette enquête minutieuse menée dans les différents fonds d’archives du royaume permet de lever pour la première fois un coin du voile sur les véritables dessous de l’affaire. Plan visant à préserver des intérêts financiers, tentative avortée de reprendre le contrôle militaire des principales villes du pays, planifications d’éliminations politiques, attaques des principaux ports du pays… Aucune de ces mesures extrêmes ne réussira, mais elles auront pour bilan calamiteux de plonger l’ancienne colonie dans un chaos extrême en à peine une semaine.

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