À lire absolument : un article de la librairie Livre aux trésors sur L’enfance unique

« Les superlatifs sont des faux-amis et les envoyer à l’avant-garde n’est pas un cadeau mais quand on a sous les yeux un texte de cette qualité, il faut seulement admettre qu’il nous cloue sur place, nous coupe le souffle et s’impose pour ce qu’il est : un chef d’œuvre. Oh ! je sais bien, le mot est galvaudé. On l’a vidé de son sens. Et bien je mets mon billet que ce texte, L’Enfance unique, de Frédéric Saenen (Weyrich, collection Plumes du coq), pour peu qu’on lui donne l’écho qu’il mérite, va rester, non seulement dans la littérature belge, mais au-delà.

Si ce livre est aussi enthousiasmant, c’est d’abord parce que le récit autobiographique et intime de cette enfance est à la fois pudique et intègre dans son dévoilement, dans l’exposition des blessures, des faiblesses et des douleurs, aussi de ces sales petits moments que l’on pense honteux, qui accompagnent le chemin de l’enfant et de l’adolescent et que d’ordinaire, on cherche à garder secrets, enfouis dans le placard de l’érotisme en formation. Frédéric Saenen raconte cette enfance de fils de fille-mère, petit-fils d’un homme bon, ouvrier flamand de naissance et qui parle wallon, qui a donné ses nom et prénom à ce petit-fils adoré, comme pour ancrer fermement ses deux pieds dans une généalogie chargée d’amour et faire la nique à cette moitié d’arbre qui manque à l’histoire. C’est une enfance de fils unique et de petit-fils unique, dans les restes d’un coron, dans les restes d’un milieu populaire et ouvrier qui bientôt ne sera plus le même, quand aura disparu ce bain primitif poisseux des derniers mineurs et du charbon qui longtemps fit la vie, des pigeonniers et de l’odeur âcre des fientes qui était la passion de ces gens de peu. Le balancement entre l’introspection sans filtre de l’enfant devenu adulte, construit sur ses fragiles cicatrices, et l’évocation de cette fin d’époque ancienne, comme un dix-neuvième siècle se traînant jusqu’en 1980, est non seulement bouleversant mais surtout tout à fait neuf dans une littérature belge qui peut manifestement dire une expérience régionale sans se vautrer dans le régionalisme, et que je place, oui, aux côtés d’un Eugène Savitzkaya ou d’un William Cliff.

L'enfance uniqu de Frédéric SaenenSi je mets en avant ces références flatteuses, ce n’est pas en vain. Car l’autre et principale raison d’admirer ce texte, c’est la langue stupéfiante que Frédéric Saenen y travaille. Comme chez tous les enfants de Jacques Izoard, et Frédéric Saenen en est un, la langue littéraire ne peut se concevoir que comme une recherche pour évoquer le monde sous la double contrainte de la vérité et de la poésie. La vérité, c’est de dire ce que fut cette langue première dans laquelle se forma son enfance, ce wallon quotidien, que la génération qui a, aujourd’hui, disons, la quarantaine ou la cinquantaine, est la dernière à avoir connu comme un fait, avant qu’il ne disparaisse avec les aïeux issus du petit peuple et ne devienne plus rien d’autre qu’un folklore à gaudriole pour marchés de Noël et villages gaulois, recroquevillé sur ses insultes tellement drôles, bonnes à faire grassement rire la beaufitude contemporaine, devenu étranger à un peuple oublieux de lui-même et touriste de sa propre histoire. Le texte de Frédéric Saenen est truffé de ces mots wallons, rendus à leurs locuteurs dans toute leur richesse, dans leur puissance d’évocation et d’abrasement de la réalité, pour la faire rentrer dans la langue et lui donner de la chair. Quant à la poésie, « cette dimension ésotérique de l’ennui et de la frustration, ce prurit d’inutiles secrets », selon ses propres mots, elle exsude chaque page de ce livre, par la recherche d’un rythme et d’une musique que Frédéric Saenen trouve avec une constance qui fascine. Il y a, ici, quelques-unes des plus belles pages, stylistiquement parlant, que j’ai pu lire ces dernières années.

Frédéric Saenen vient de donner à la langue française, en lui rendant son wallon, un très grand texte contemporain. »
Philippe Marczewski, Librairie Livre aux trésors
Lien : http://www.livreauxtresors.be/lenfance-unique-et-la-langue-premiere-de-frederic-saenen/

 

« L’enfance unique » de Frédéric Saenen est disponible en librairies et sur notre e-shop au prix de 14 €.

« Les Oreilles des éléphants » de Jean-François Füeg est disponible en librairies et sur notre e-shop au prix de 13 €.

Les Oreilles des éléphants : Une famille si parfaite

Je hais la littérature auto-centrée (…) Écrire, c’est témoigner (…) Faire émerger le collectif derrière les histoires personnelles. Ainsi s’explique Jean-François Füeg au terme de cette chronique familiale et comme ces annales personnelles pour évoquer le milieu bourgeois, étriqué et conformiste dont il provient et cette cellule parentale se considérant modèle absolu de la réussite, idéal indépassable où tout était un peu mieux que dans les autres familles. L’occasion d’interroger le sens de l’existence, du rapport aux conditionnements et à la liberté, et ce qui fait la transmission avec ses défaillances et maladresses. Et puis la nécessité d’écrire afin de lever la chape et libérer son destin d’un fardeau – parce que le geste d’écrire porte en lui une libération, dira un ami.

Les Oreilles des éléphants de Jean-François FüegUn père médecin positiviste, athée et franc-maçon, dans une région de Belgique durement touchée par la désindustrialisation et une mère, fille d’un boucher slovaque (ce Jozef dont l’auteur avait raconté le parcours en 2013 dans Jozef Bielik n’est pas un héros, Les Territoires de la Mémoire).  Condition d’immigré telle une origine inavouable, drame et humiliation fondatrice, pour des parents ayant fait de l’assimilation un projet de vie, attelés à cette étouffante construction d’une culture de remplacement avec ses codes, ses rituels, ses ennemis, tout ce conformisme sûr de lui-même.

Lisez la suite sur le blog du Carnet et les Instants
https://le-carnet-et-les-instants.net/2017/04/04/fueg-les-oreilles-des-elephants/

 

Article signé Jean Brucher pour Le Carnet et les Instants

 

« Les Oreilles des éléphants » de Jean-François Füeg est disponible en librairies et sur notre e-shop au prix de 13 €.

Quand j’étais mort, le nouveau roman d’André-Joseph Dubois

« C’est un appel de Zerna qui m’a prévenu de la mort d’AJD. » Le narrateur, écrivain lui-même, est chargé d’explorer l’ordinateur de feu AJD, un auteur liégeois sans succès, par ailleurs spécialiste des Mérovingiens. Survient alors Zerna, experte à modifier les trajectoires autour d’elle…

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Georges-Antippas-et-Didier-Reyders-Foire-du-livre-Bxl-2017

Souvenirs des années Kolwezi

La savane katangaise et ses paisibles villages ont changé d’aspect en quelques décennies. La cause ? La richesse de son sous-sol bien sûr, qui a suscité d’énormes convoitises et causé de nombreuses violences.

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Hugues Wenkin raconte la brigade Piron

Hugues Wenkin raconte la brigade Piron

Nos enfants savent à peine qu’ils ont existé et mesurent encore moins ce que nous devons aux hommes de la brigade Piron. Pourtant, ils ont donné la plus belle période de leur vie pour notre liberté. Leur histoire est belle, et même romanesque par certains côtés. Elle parle de champ d’honneur, de pugnacité, de victoires arrachées par le courage et la volonté. C’est celle qu’ils nous ont léguée dans leurs mémoires. Les archives belges et anglaises révèlent un autre pan de cette aventure. En 1940, ils ont dû désobéir aux ordres de se rendre et imposer leur existence au gouvernement Pierlot. Certains se sont mutinés pour pouvoir se battre contre l’occupant. Résistants et indignés de la première heure, ils ont fait flotter un drapeau belge victorieux de la Normandie au cœur du Reich en passant par la libération de Bruxelles et deux rudes campagnes en Hollande.

Les moutons noirs de PironLa paix revenue, les héros se sont vus reprocher leurs galons gagnés sur les champs de bataille par une hiérarchie rentrant des camps de prisonniers où elle s’était docilement laissée enfermer. Moutons noirs pour avoir été une minorité pugnace dans une majorité soumise au vainqueur, les soldats de Piron n’ont pas été reconnus à la hauteur de leurs mérites. Hugues Wenkin revient sur l’histoire de ces hommes hors du commun au terme d’une enquête qu’il a menée sur leurs traces de Gibraltar à Londres et de Caen à Arnhem.

Un livre passionnant que tous les amateurs et passionnés d’histoire dévoreront !

La foire du livre de Bruxelles

Nos animations à la Foire du livre

Comme chaque année, nous vous accueillerons sur notre stand (n°237) en compagnie de nombreux auteurs. Venez faire le plein d’idées lectures et découvrir nos nouveautés.

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La foire du livre de Bruxelles

RDV à la Foire du livre !

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Un moment particulier de bonheur simple

« Dans le cadre de son opération « Masse critique » de janvier 2017, j’ai sollicité et reçu « Affaires de familles » de Thilde Barboni. Je remercie infiniment le site Babelio ainsi que la maison d’éditions Weyrich pour ce très agréable moment de lecture.

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Le canon gronde, la cloche sonne

Les affamés, de Francis André, a été publié pour la première fois en 1931 à Paris, à la Librairie Valois, réédité en 1985 par les Éd. L’Ardoisière et W’Allons-Nous?, et est à nouveau disponible grâce aux éditions Weyrich qui le proposent dans leur belle collection Regains.

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Deux GI’s se racontent

Le Marchinois GI américain Sergio Moirano, décédé en juillet dernier, se raconte dans un ouvrage écrit par le journaliste Philippe Carrozza. A découvrir.

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Connaissez-vous Espace-livres ?

Sur le blog Espace Livres, Edmond Morrel vous invite à écouter ses rencontres avec des acteurs du monde du livre et de la culture au sens large, des écrivains, des philosophes, des auteurs de bandes dessinées, des dramaturges et des poètes. Vous pouvez également écouter les « minutes philo » de Anne Deschamps ainsi que les « Tables de Chevet » de Jacques De Decker et entrer dans le « monde des contes ».

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